Steven Benoît, Sénateur de la République, En Ville.

Monsieur le Sénateur,

Je viens de lire un reportage du Nouvelliste concernant la présentation à l’Assemblée des sénateurs du rapport de la commission « Éthique et Anti-corruption » du Sénat dont vous faites partie. Selon ce reportage, vous avez refusé de voter ledit rapport parce que certains noms que vous qualifiez de voleurs ne s’y trouvent pas. « Méticuleux avec les chiffres », écrit « LE NOUVELLISTE » (donc vous disposez de chiffres), il (Steven Benoît) croit que ce rapport a fait fi des personnes qui devront y être pourtant épinglées. « Dans son viseur, Michel Martelly et Yves Germain JOSEPH », poursuit « Le Nouvelliste ». Le premier a signé treize résolutions de décaissements et le second « en a signé beaucoup plus que bon nombre d’anciens fonctionnaires mis en cause par la commission ». (Sic) Savez-vous de quoi vous parlez, Sénateur ? Ce n’est pas la cause réelle de votre refus de voter le rapport. C’est un faux prétexte. Vous y avez plutôt trouvé des noms de gens de votre équipe que vous voulez protéger. Car, dites-le-vous bien, c’est un rapport qu’on aurait pu approfondir pour faire jaillir la vérité. Pourquoi le rejeter d’un revers de main? Comment un homme intelligent comme vous ne saisit-il pas cette occasion pour faire triompher ses ambitions démesurées? Habitué à fricotter et à vous frotter avec tous les paillards, mandrins et autres aigrefins de tout acabit que vous fréquentez au quotidien et avec lesquels vous entretenez des relations suspectes, vous les reniflez à mille kilomètres de distance … lorsqu’ils opèrent. Comment faites-vous pour me confondre à vos associés? Je veux cependant être prudent. C’est pourquoi je vous adresse cette requête, afin de m’assurer de la véracité de cette déclaration que je prends pour celle d’un imbécile; elle ne saurait être la vôtre sachant que vous avez été membre de cette commission baptisée « Éthique et Anti-corruption » d’une part et, d’autre part, membre de la Commission sénatoriale des Finances publiques du Sénat, pendant toute la durée du mandat du Président Martelly, dont vous avez, d’ailleurs, approuvé tous les budgets, y compris ceux du Parlement, grâce auxquels vous vous êtes vêtu, nourri et blanchi durant ces cinq dernières années sans que vous puissiez faire la preuve que vous avez été rémunéré en fonction d’un service fourni. Si vous ne le saviez pas, il est encore temps de l’apprendre: les fonds PetroCaribe font partie intégrante du Budget de la République que vous votez annuellement, y compris celui en exécution actuellement. Une fois votée, le ministre exécute la loi de Finances: celle des députés et des sénateurs. Je veux être assuré que ces déclarations viennent de vous et qu’il ne s’agit nullement d’une mauvaise interprétation du journaliste, comme c’est souvent le cas. Si c’est vrai que vous en êtes l’auteur parce que vous êtes pour une saine gestion des fonds PetroCaribe, je vous mets sur la piste des Compagnies d’électricité ayant signé des contrats irrévocables et transférables de milliards de dollars avec l’Etat haïtien pour vendre du « black-out » au pays. Obtenez une copie de ces contrats de l’EDH ou de la BRH. Je dis bien de MILLIARDS de dollars garantis par la Banque de la République d’Haiti, leur banque, plus que celle de la République. Là, il y a un nettoyage sérieux à faire et, très facile, d’autant que ce nettoyage s’appellerait: « charité bien ordonnée »… Depuis plusieurs années et jusqu’à ce jour, ces affaires juteuses se poursuivent encore ! C’est la valeur ajoutée de la production nationale! Savez-vous qu’avec un milliard de dollars et avec la même garantie de la Banque de la République d’Haiti, l’Etat haïtien pourrait autofinancer l’acquisition de MILLE MÉGAWATTS d’électricité et reconquérir son autonomie en matière énergétique et pourvoir tout le pays en électricité? La consommation actuelle est de plus ou moins 350 mégawatts. L’Etat haïtien aurait économisé les 250 millions de dollars de déficit de l’Electricite d’Haiti (EDH) puisés annuellement du budget, (donc Fonds PetroCaribe compris) rien que pour financer le « black-out ». Et nous aurions une disponibilité évaluée entre 600 et 700 mégawatts d’électricité pouvant être vendus aux Dominicains, le cas échéant. Pourquoi n’y réfléchissez-vous pas, Sénateur? S’il est vrai que les propos rapportés dans « Le Nouvelliste » sont de vous, j’attends que vous me fournissiez ces résolutions de décaissements « plus importants » que celles des anciens fonctionnaires mis en cause par votre commission « Éthique et Anti-corruption », que j’ai signées. Autrement, je vous laisse le soin de qualifier vous-même, votre imprudente déclaration. Et sachez surtout que les exagérations individuelles des parlementaires contre quiconque ne sont point couvertes d’immunité. Avec toutes mes réserves de droit et sans autre, pour l’instant, recevez, Monsieur le Sénateur, mes salutationsCc: Sénateur Ronald Lareche Président du Sénat : Sénateur Youri Latortue Président de la Commision Éthique et anti-corruption : USAID/ Haïti :BID/ Haïti :WORLD BANK/Haïti

le 24 août 2016 Steven Benoît, Sénateur de la République, En Ville. Monsieur le Sénateur, Je viens de lire un reportage du Nouvelliste concernant la présentation à l’Assemblée des sénateurs du rapport de la commission « Éthique et Anti-corruption » du Sénat dont vous faites partie. Selon ce reportage, vous avez refusé de voter ledit rapport parce que certains noms que vous qualifiez de voleurs ne s’y trouvent pas. « Méticuleux avec les chiffres », écrit « LE NOUVELLISTE » (donc vous disposez de chiffres), il (Steven Benoît) croit que ce rapport a fait fi des personnes qui devront y être pourtant épinglées. « Dans son viseur, Michel Martelly et Yves Germain JOSEPH », poursuit « Le Nouvelliste ». Le premier a signé treize résolutions de décaissements et le second « en a signé beaucoup plus que bon nombre d’anciens fonctionnaires mis en cause par la commission ». (Sic) Savez-vous de quoi vous parlez, Sénateur ? Ce n’est pas la cause réelle de votre refus de voter le rapport. C’est un faux prétexte. Vous y avez plutôt trouvé des noms de gens de votre équipe que vous voulez protéger. Car, dites-le-vous bien, c’est un rapport qu’on aurait pu approfondir pour faire jaillir la vérité. Pourquoi le rejeter d’un revers de main? Comment un homme intelligent comme vous ne saisit-il pas cette occasion pour faire triompher ses ambitions démesurées? Habitué à fricotter et à vous frotter avec tous les paillards, mandrins et autres aigrefins de tout acabit que vous fréquentez au quotidien et avec lesquels vous entretenez des relations suspectes, vous les reniflez à mille kilomètres de distance … lorsqu’ils opèrent. Comment faites-vous pour me confondre à vos associés? Je veux cependant être prudent. C’est pourquoi je vous adresse cette requête, afin de m’assurer de la véracité de cette déclaration que je prends pour celle d’un imbécile; elle ne saurait être la vôtre sachant que vous avez été membre de cette commission baptisée « Éthique et Anti-corruption » d’une part et, d’autre part, membre de la Commission sénatoriale des Finances publiques du Sénat, pendant toute la durée du mandat du Président Martelly, dont vous avez, d’ailleurs, approuvé tous les budgets, y compris ceux du Parlement, grâce auxquels vous vous êtes vêtu, nourri et blanchi durant ces cinq dernières années sans que vous puissiez faire la preuve que vous avez été rémunéré en fonction d’un service fourni. Si vous ne le saviez pas, il est encore temps de l’apprendre: les fonds PetroCaribe font partie intégrante du Budget de la République que vous votez annuellement, y compris celui en exécution actuellement. Une fois votée, le ministre exécute la loi de Finances: celle des députés et des sénateurs. Je veux être assuré que ces déclarations viennent de vous et qu’il ne s’agit nullement d’une mauvaise interprétation du journaliste, comme c’est souvent le cas. Si c’est vrai que vous en êtes l’auteur parce que vous êtes pour une saine gestion des fonds PetroCaribe, je vous mets sur la piste des Compagnies d’électricité ayant signé des contrats irrévocables et transférables de milliards de dollars avec l’Etat haïtien pour vendre du « black-out » au pays. Obtenez une copie de ces contrats de l’EDH ou de la BRH. Je dis bien de MILLIARDS de dollars garantis par la Banque de la République d’Haiti, leur banque, plus que celle de la République. Là, il y a un nettoyage sérieux à faire et, très facile, d’autant que ce nettoyage s’appellerait: « charité bien ordonnée »… Depuis plusieurs années et jusqu’à ce jour, ces affaires juteuses se poursuivent encore ! C’est la valeur ajoutée de la production nationale! Savez-vous qu’avec un milliard de dollars et avec la même garantie de la Banque de la République d’Haiti, l’Etat haïtien pourrait autofinancer l’acquisition de MILLE MÉGAWATTS d’électricité et reconquérir son autonomie en matière énergétique et pourvoir tout le pays en électricité? La consommation actuelle est de plus ou moins 350 mégawatts. L’Etat haïtien aurait économisé les 250 millions de dollars de déficit de l’Electricite d’Haiti (EDH) puisés annuellement du budget, (donc Fonds PetroCaribe compris) rien que pour financer le « black-out ». Et nous aurions une disponibilité évaluée entre 600 et 700 mégawatts d’électricité pouvant être vendus aux Dominicains, le cas échéant. Pourquoi n’y réfléchissez-vous pas, Sénateur? S’il est vrai que les propos rapportés dans « Le Nouvelliste » sont de vous, j’attends que vous me fournissiez ces résolutions de décaissements « plus importants » que celles des anciens fonctionnaires mis en cause par votre commission « Éthique et Anti-corruption », que j’ai signées. Autrement, je vous laisse le soin de qualifier vous-même, votre imprudente déclaration. Et sachez surtout que les exagérations individuelles des parlementaires contre quiconque ne sont point couvertes d’immunité. Avec toutes mes réserves de droit et sans autre, pour l’instant, recevez, Monsieur le Sénateur, mes salutations.

Port-au-Prince, le 24 août 2016

Yves Germain Joseph

Ex-ministre de la Planification et de la Coopération externe

Cc: Sénateur Ronald Lareche Président du Sénat : Sénateur Youri Latortue Président de la Commision Éthique et anti-corruption : USAID/ Haïti :BID/ Haïti :WORLD BANK/Haïti